samedi 27 juin 2026 - 17:25
Bahreïn : une nouvelle escalade contre les rites de l’Achoura ravive les inquiétudes sur la liberté religieuse

Hawzah/L’organisation Americans for Democracy & Human Rights in Bahrain (ADHRB) a affirmé que la saison de l’Achoura de cette année est marquée par une dangereuse recrudescence des restrictions et des violations visant les rites religieux de la communauté chiite à Bahreïn.

Bahreïn (A.P.Hawzah) –L’organisation Americans for Democracy & Human Rights in Bahrain (ADHRB) a déclaré que la saison de l’Achoura 2026 est marquée par une escalade préoccupante des restrictions et des atteintes ciblant les pratiques religieuses des chiites à Bahreïn. Ces mesures s’inscrivent dans la continuité des politiques restrictives qui ont déjà accompagné les cérémonies religieuses lors des saisons précédentes.

Dans un communiqué publié sur son site officiel, l’organisation explique que cette intensification s’est traduite par des interventions sécuritaires et administratives dans l’exercice des rites religieux ainsi que dans l’expression de l’identité religieuse et culturelle. Elle évoque également l’imposition de restrictions aux assemblées religieuses (majalis), aux mawkibs (processions religieuses) et aux discours religieux, l’interdiction faite à un grand nombre d’orateurs et de récitants des élégies husseïnites de participer aux cérémonies de cette saison, ainsi que le démantèlement des manifestations symboliques de l’Achoura. À cela s’ajoutent des convocations, des arrestations et le recours à la force contre des citoyens ayant protesté contre les atteintes portées à leurs rites religieux.

L’organisation de défense des droits humains ajoute que cette escalade témoigne de la poursuite d’une approche sécuritaire dans le traitement d’une célébration religieuse qui constitue une composante essentielle de la vie religieuse et sociale à Bahreïn. Cette évolution intervient alors que les organisations de défense des droits humains mettent en garde contre l’élargissement des violations touchant la liberté de religion et de conviction, la liberté d’expression et de réunion pacifique, ainsi que contre l’exploitation des crises et des circonstances exceptionnelles pour imposer davantage de restrictions aux rassemblements et aux activités religieuses de la communauté chiite sous des prétextes sécuritaires ou administratifs.

L’organisation souligne qu’avant même le début du mois de Muharram, les autorités bahreïniennes avaient adopté plusieurs décisions visant à renforcer le contrôle sécuritaire des rites religieux. Parmi celles-ci figurent l’imposition de restrictions concernant l’installation de drapeaux et de banderoles, désormais limitée aux abords des husseiniyyas, avec l’obligation pour leurs responsables d’y faire figurer le nom de chaque husseiniyya. Ces derniers sont également tenus pour juridiquement responsables de toute inscription que les autorités pourraient considérer comme revêtant un caractère politique. En outre, la surveillance du contenu des prêches husseïnites a été renforcée, des dizaines d’orateurs et de récitants ont été empêchés de participer aux cérémonies et aux activités religieuses, tandis que les déplacements de citoyens vers l’Irak et l’Iran, susceptibles d’être effectués dans le cadre de pèlerinages ou de pratiques religieuses, ont été interdits.

L’organisation indique également que, depuis le début de cette saison, plusieurs régions de Bahreïn ont connu un durcissement des mesures sécuritaires, notamment par le recours à la force pour disperser des citoyens rassemblés afin de protester contre le démantèlement des symboles de l’Achoura. Ces interventions ont fait plusieurs blessés et conduit à l’arrestation de plusieurs jeunes. Elles se sont accompagnées d’un important déploiement des forces de sécurité et de poursuites contre les participants aux manifestations, illustrant ainsi la poursuite du choix de l’approche sécuritaire face aux protestations liées aux rites religieux.

Selon l’organisation, l’escalade observée cette année traduit une tendance croissante à placer les pratiques religieuses sous une surveillance sécuritaire renforcée, à réduire leur visibilité dans l’espace public, à restreindre le discours religieux, à affaiblir l’autonomie des institutions religieuses chiites et à priver les citoyens de l’exercice de leur droit à la liberté de culte. Elle estime que ces pratiques sont contraires à la Constitution bahreïnienne ainsi qu’aux dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Ces politiques alimentent également les inquiétudes concernant une discrimination fondée sur la religion et l’appartenance confessionnelle, dans un contexte marqué par la poursuite de restrictions ciblant spécifiquement les manifestations religieuses de la communauté chiite.

Enfin, l’organisation a appelé les autorités bahreïniennes à mettre immédiatement fin à toutes les formes de harcèlement et de pressions exercées contre les rites religieux, à libérer sans condition tous les citoyens arrêtés pour avoir participé à ces rites ou protesté contre les atteintes qui leur sont portées, à cesser les convocations et les poursuites visant les orateurs religieux, les récitants et les responsables des husseiniyyas, à renoncer au démantèlement des symboles et manifestations de l’Achoura ainsi qu’au recours à la force contre les citoyens, à respecter la liberté de religion, de conviction, d’expression et de réunion pacifique, et à honorer les obligations constitutionnelles et internationales de Bahreïn en matière de droits humains.

L’intensification des atteintes aux rites de l’Achoura à Bahreïn s’inscrit dans la continuité de la politique de restriction de la liberté de religion et de conviction

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